DEFINITION

Radical, e, aux adj. : qui concerne le fond d'une personne, de quelque chose, qui vise à atteindre quelque chose dans ses causes profondes (Petit Larousse).

Si le "Radicalisme" peut être défini comme un Libéralisme républicain, pragmatique, social et laïque, le mot "radical" renvoie étymologiquement aux racines (lat. radicus).Le "Radicalisme" est, dès lors, aussi, d'une certaine manière, l'expression politique de l'Humanisme.

En effet, l'Homme, la Personne, pourraient habilement être comparées à un arbre : leurs racines doivent rester souterraines, ce qui compte c'est la solidité du tronc - la République, l'Instruction, la Liberté - , l'harmonie des branches - le pragmatisme, l'anti-dogmatisme, l'esprit d'ouverture, le Respect, l'Egalité - et la beauté des feuilles - l'esprit de Citoyenneté, l'Amour, la Concorde, la Fraternité .

Le Radicalisme va ainsi de pair avec le Progressisme social (pour un meilleur épanouissement de la société), le Réformisme, et n'échappe pas à un certain volontarisme politique.

Visionnaire par essence, le "Radicalisme"' doit donc aussi être pris au sens propre : la philosophie politique favorable à des changements profonds de la société.

Mais tout changement ne se fait pas à partir de rien, et, alors que tout le monde est à la recherche de racines, le Radicalisme propose une méthode de pensée : partir des racines et prendre le problème globalement, car rien ne sert de couper une branche si la terre n'est pas bonne.

Les Radicaux proposent donc des Racines à une République qui bat de l'aile, ces racines sont la Liberté, l'Egalité et la Fraternité et notre but ne consiste qu'à les faire revivre et à remettre la République en mouvement.

 

Cocardiers ("Bleu Blanc Rouge" et Marianne à l'honneur) et bons vivants, il ne faudra donc pas s'étonner que les radicaux sont attachés à "l'esprit de terroir" et à leurs traditionnels "banquets républicains".

Résumé Historique

Le radicalisme est un courant politique particulièrement influent pendant la Troisième République. Plusieurs présidents du conseil, dont Georges Clemenceau, Edouard Herriot et Pierre Mendès-France furent membres du parti radical.

Républicains, très attachés à la propriété privée et à la laïcité, c'est un parti intermédiaire entre la gauche et la droite susceptible de s'allier aux socialistes ou aux conservateurs suivant les circonstances. Son adhésion au Front Populaire porta la SFIO au pouvoir en 1936.

Il existe aujourd'hui en France deux partis radicaux : le parti radical dit « valoisien » , associé à l'UMP

, et le parti radical de gauche (PRG), allié du Parti Socialiste.

Le "Parti Républicain Radical et Radical Socialiste", plus communément appelé "Parti Radical" est le plus vieux parti politique français. Quelle est donc son histoire de sa création en 1901 ?

Naissance du Parti Radical et radical Socialistes

Les radicaux existent en tant que tels depuis le début du XIXème siècle, avec de grandes figures politiques comme, par exemple Ledru-Rollin et Louis Blanc. Mais on pourrait facilement retrouver des traces de leur existence aux sources même de la Révolution, par les "Lumières", et principalement par Voltaire et Condorcet.

C'est le premier grand parti politique à l'échelle nationale fondé en France. Jusque là, en effet; il n'existait que des groupes parlementaires de différentes tendances politiques et des comités électoraux locaux aux concepts encore plus variées. L'idée de réunir au niveau national, dans un même parti des élus et des militants de même tendance, était un concept révolutionnaire.

A sa naissance, le 21 juin 1901, à Paris, le Parti Radical hérite de cette tradition radicale qu’avait porté de grandes figures politiques comme Gambetta ou Clemenceau. Avant même son apparition en tant que parti politique, le courant radical avait fourni à la République plusieurs grands serviteurs de l’Etat, sans oublier plusieurs Président du Conseil (Ferdinand Buisson ou Charles Floquet par exemple). Outre cet héritage, le nouveau parti fusionne avec plusieurs tendances rivales. C’est un assemblage hétéroclite de comités électoraux, de loges maçonniques, de sections de la Ligue des Droits de l’Homme, de la Ligue Française de l’Enseignement, dont la tendance de gauche semble majoritaire à ce moment là.

Le programme politique

Le Radicalisme possède une vision spécifique de l’organisation sociale et humaine fondée sur la primauté de l’individu. Il prend sa source dans l’histoire même de la République à laquelle il est étroitement lié. La profession de foi du radicalisme est composée de cinq points : "Laïcité, Solidarité, Humanisme, Tolérance, Universalisme"

Lors de la fondation du nouveau parti, la déclaration de clôture de ce premier congrès, lu par Camille Pelletan, servit de cheville ouvrière au programme politique revendiqué par les radicaux durant les premières années du XXème siècle. Cette déclaration insistait donc sur l'union à gauche, la nationalisation des grands monopoles, la séparation de l'Eglise et de l'Etat et la création d'un impôt égalitaire basé sur le revenu.

Ce programme fut partiellement appliqué durant les années suivantes, profitant d'une alliance à l'Assemblée Nationale, entre les socialistes (de Jean Jaurès) et les radicaux (qui mirent Emile Combes au gouvernement). Cette période fut marquée par la spectaculaire lutte contre les congrégations religieuses.

En 1907, au congrès de Nancy, le parti adopte enfin un véritable programme politique (présenté par une commission dont le rapporteur était Edouard Herriot), confirmé par le congrès de Pau en 1913, ce programme, avec quelques dépoussiérages, sera la cheville angulaire du programme politique de ce vénérable parti durant plus d'un demi siècle.

Il prône une politique laïque et anticléricale, symbolisée par l’action du Président du Conseil Emile Combes (1902 – 1905) qui amènera les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat par le Gouvernement Briand. Il vante la propriété privée. En effet, les radicaux voient dans l’accession des salariés à la propriété le remède aux problèmes de la société industrielle.

Durant l’entre deux guerres, les idées qu'il défend, constituent un ensemble dans lequel se reconnaît une grande partie des français. Tout d’abord, un attachement profond à la nation et au régime républicain, identifié au système parlementaire, ensuite une conception de la République qui intègre de manière indissociable la laïcité sans sectarisme, érigé en l’un des fondements de la République, dont l’instruction dispensée par l’école est le moteur du progrès social. Le tout est matiné d’une conception humaniste de la société et de la politique.

Le fonctionnement du parti

Le Parti Radical est surtout une machine électorale, dominé par les notables et les parlementaires. Ceux-ci, membres de droit du Comité Exécutif élu chaque année par un congrès, ne se servent du parti que pour les élections. De fait, les structures restent donc très lâches.

C'est lors du congrès fondateur à Paris que le Parti Radical prit la forme qui fut la sienne et qu'il connut sans grand bouleversement durant toutes les IIIème et IVème République. Dès les premières heures, les congressistes décidèrent que le groupement de base serait le comité, sachant que dix membres adhérents suffisent pour constituer un comité.

Au niveau du canton, les comités sont alors regroupés, de la même manière au niveau supérieur des arrondissements puis de la circonscription. Le parti est donc un parti à base géographique où l'ensemble des organismes forme dans chaque département une fédération.

A cette fédération, les comités adhèrent comme les organes de presse ou toute autre structure qui veut s'associer au parti. Cette organisation pyramidale est chapeautée par un "Comité Exécutif" qui a en charge, la direction et l'administration du parti entre chaque congrès. C'est en fait ce "congrès" qui est l'instance suprême du parti.

Le "Comité Exécutif" comprend des membres de droit comme les parlementaires ou les notables locaux, qui désigne un bureau de trente trois membres qui élit un président qui cumule à la fois le poste de président du bureau et de président du parti. Dans ses statuts, le Parti Radical prévoit que son président sera élu pour un an. Le premier sera Gustave Mesureur. Jusqu’à l’arrivée de Edouard Herriot, peu ou prou, cette démarche sera observée.

Son électorat habituel se trouve dans les milieux petits bourgeois et chez les paysans des pays du sud de la Loire. Une assise solide pour un parti qui vise, avant tout, à gouverner.

Le parti dans « l’entre deux guerres » :

Le Parti Radical voit son apogée dans "l’entre-deux-guerres". Il pèse d’un poids considérable sur la vie politique française. Ainsi, sur les quarante-deux gouvernements qui se sont succédés durant cette période, treize sont présidés par des Radicaux (quatre gouvernements: Camille Chautemps, trois gouvernements: Edouard Daladier, Edouard Herriot, deux gouvernements: Albert Sarraut et un gouvernement : Théodore Steeg)

Son action demeure prépondérante dans le domaine de l’éducation grâce à deux de ses figures de proues : Edouard Herriot et Jean Zay. Conséquence directe de cette action, de nombreux intellectuels sont membres du parti ou sympathisants (Comme par exemple le philosophe Alain).

Sur le plan interne, la vie du parti est marquée par les oppositions conflictuelles Herriot-Caillaux puis Herriot-Daladier. De plus, la constitution d’une "Gauche Radicale" au sein même du parti, mouvement regroupant les parlementaires qui rejettent la discipline de parti, marque l’ancrage progressif à gauche de ce parti parlementaire.

Mais ce qui fait la curiosité de cette période d’entre deux guerre, sur le plan national c’est le volte-face politique soudain du Parti Radical à la charnière des années trente. En effet, au début des années vingt, le Parti Radical prône une politique de gauche qui envisage de chasser la droite du pouvoir, de rétablir la laïcité de l’Etat, d’étendre les lois scolaires, de pratiquer une politique internationale de détente et de conciliation pour consolider la paix, et enfin, de rétablir l’équilibre des finances publiques

Avec le retour de Edouard Herriot à la tête du parti en 1931, le Parti Radical s’engage sur une voie nouvelle. Il reste, et le revendique, un parti de gauche, ce qui l’amène tout naturellement à pratiquer la "discipline républicaine" des désistements réciproques au profit des socialistes. Mais, au gouvernement, il se comporte en parti du "juste milieu", capable de regrouper autour de lui la majorité des français attachée à une République traditionnelle, loin des extrêmes qu’il soit réactionnaires ou révolutionnaires.

D’un côté, il dirige le gouvernement du "Cartel des gauches" (1924/26), d’un autre, après avoir participé à l’élaboration et à la mise en place du "Front Populaire", c’est lui qui l’enterre en 1938. Mais cette politique antinomique pousse le Parti Radical, lorsqu’il est au pouvoir, à l’immobilisme par la contradiction permanente entre sa majorité et sa politique. Lorsqu’il tente de sortir de cet immobilisme, les gouvernements sont aussitôt renversés. L’issue de cette paralysie politique est l’émeute du 6 février 1934 qui aboutit à la même conclusion que la panique financière de 1926 : les radicaux sont chassés du pouvoir au profit de la droite.

En résumé, les membres du parti sont tentés par une politique de gauche mais le parti, au gouvernement, pratique très souvent une politique de droite !

Quelques personnalités radicales

La Scission 1973

Le Parti Radical dit "valoisien"

est une des branches issues du Parti Radical. Son nom fait référence à la rue de Valois, où se trouve son siège. Une partie des radicaux a fait scission pour rejoindre le Programme commun et fonder ce qui est aujourd'hui le parti radical de gauche (PRG).

Proche du centre, il se réfère à la droite. Il a été longtemps l'une des composantes de l'UDF avant d'intégrer l'UMP

. Il s'est différencié d'autres composantes de l'UDF comme Démocratie libérale en refusant toute tractation avec le Front National. Le parti radical est également un défenseur fervent de la laïcité.

Parmi ses dirigeants, on peut citer André Rossinot, co-président du parti et maire de Nancy mais aussi Jean-Louis Borloo co-président et ministre du gouvernement Villepin. Parmi les poids lourds du parti on compte aussi Laurent Hénart, le strasbourgeois François Loos, Jean Leonetti, Dominique Paillé, Michel Thiollière, Michel Zumkeller.

Le parti Radical compte actuellement 13 députés (inscrits au groupe UMP), 5 sénateurs (inscrits au groupe RDSE, regroupant radicaux valoisiens et radicaux de gauche), 1 députée européenne (inscrite au groupe du PPE). On compte également trois ministres radicaux : François Loos (Ministre délégué à l'Industrie) ainsi que Jean-Louis Borloo (Ministre de l'Emploi) et Renaud Dutreil (Ministre du Commerce, de l'Artisanat et des Professions Libérales), qui ont récemment rejoint le Parti Radical.

Parmi ses anciens dirigeants: Olivier Stirn, Jean-Jacques Servan-Schreiber...

 

Le Parti radical de gauche (PRG)

est un parti politique français de gauche, héritier d'un des plus vieux partis politiques français, le Parti Républicain Radical et Radical Socialiste créé en 1901.

Pour des raisons judiciaires l'opposant à l'autre mouvement issu du même parti, le parti radical (dit valoisien), il a dû changer plusieurs fois de nom, passant de Mouvement des radicaux de gauche (MRG) en 1973 (année de la scission du parti radical) à Radical (mouvement des radicaux de gauche pour la Réforme et la République) en 1994 puis Parti radical-socialiste (PRS) avant de prendre son nom actuel le 13 janvier 1998.

Le MRG est une scission du Parti Radical, car ses animateurs (Maurice Faure, René Billières, Robert Fabre) souhaitaient adhérer au Programme commun et soutenaient la candidature unique de la gauche, celle de François Mitterrand, pour l'élection présidentielle de 1974.

La montée en puissance du Parti socialiste dans les années 1970 l'a peu à peu marginalisé, au point qu'après la candidature de Michel Crépreau en 1981, et son résultat décevant de 2,09% des voix, il faudra attendre 2002 pour voir le parti soutenir son propre candidat au premier tour de la présidentielle. Au moment de la grave crise du PS au début des années 1990, les radicaux se choisiront Bernard Tapie pour leader, dont la liste "Energie radicale" aux élections européennes 1994 obtiendra 12,03 % des voix, proche du score du PS (14,49 %, liste conduite par Michel Rocard).

 

L'alternance en 1981, 1988 et 1997 permet au MRG puis au PRG d'accéder au pouvoir aux côtés des socialistes. Il participe à l'ensemble des gouvernements de la gauche depuis 1981.

Depuis 1981, l'importance des radicaux de gauche a décliné. Faute de personnalité connue au-delà du sud-ouest, où il demeure très présent, le PRG choisit ainsi en 2002 d'être réprésenté par une personnalité non membre, Christiane Taubira. Peu connue jusque là, elle obtient le score honorable de 1,9 %. Elle intégrera le PRG ultérieurement en qualité de vice-présidente.

Le PRG défend notamment l'héritage laïque dans les institutions françaises.

Le PRG comptait en 2005 une dizaine de députés et deux présidents de conseils généraux. PS et PRG vivent dans une relative symbiose, les deux organisations ayant même une association de financement public commune, et évitant généralement d'avoir des concurrents lors du 1er tour des élections législatives. De 1997 à 2002, il a siégé à l'Assemblée nationale aux côtés des Verts et des chevènementistes au sein du groupe RCV (Radical, citoyen et vert) ; les radicaux de gauche, dans l'incapacité de reformer un groupe autonome après 2002, siègent aujourd'hui comme apparentés dans le groupe socialiste. Ils poursuivent en revanche l'expérience originale de leur groupe commun "Rassemblement démocratique et social européen" (RDSE) avec le Parti radical "valoisien" au Sénat.

Le président du PRG est Jean-Michel Baylet.

Anciens présidents : Robert Fabre (1972-1978), Michel Crépeau (1978-1981), Roger-Gérard Schwartzenberg (1981-1983), Jean-Michel Baylet (1983-1985 puis 1996- ), François Doubin (1985-1988), Yvon Collin (1988-1989), Émile Zuccarelli (1989-1992), Jean-François Hory (1992-1996).

 Les républicains défendent un corps de doctrine commun :
" l'indivisibilité de la République et l'unité du peuple français
" la laïcité
" la liberté et la souveraineté populaire
" l'égalité
" le progrès social, la fraternité et la solidarité

Il existe toutefois des clivages à l'intérieur de la mouvance républicaine :
" les institutions : parlementarisme des républicains de gauche versus démocratie directe des républicains gaullistes (exemple : élection du président de la République au suffrage universel direct)

" la construction européenne : souverainisme (l'État-Nation cadre indépassable de la République) versus supranationalisme européen (projet de construction d'une République européenne)
Le mot "république" possède deux définitions :
" la république au sens des institutions républicaines : république versus monarchie.
Selon cette définition, l'ensemble des partis politiques français aujourd'hui représentés au Parlement sont républicains. L'article 89 de la Constitution française indique d'ailleurs que "la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision".

" la République au sens des valeurs républicaines (ou républicanisme) : la République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Ces valeurs, réaffirmées dans l'actuelle Constitution française, sont héritées des républicains jacobins de 1792-1793. Historiquement, les partisans de l'abolition de la royauté étaient en effet divisés entre républicains libéraux partisans d'un État fédéral ("girondins") et républicains sociaux partisans d'un État unitaire ("montagnards" puis "jacobins"). Ce sont finalement ces derniers qui ont imprégné la tradition républicaine française.
Selon cette définition, les libéraux ne sont donc pas républicains (au moins sur la question sociale). Cela dit, des libéraux ont participé à certaines conquêtes républicaines (par exemple Jules Ferry avec l'école publique gratuite, laïque et obligatoire).

Les 10 projets pour la France du RADICALISME

"Oui, je dis qu'il faut faire du nouveau" (Léon Gambetta, discours contre le plébiscite, 3 avril 1870"

En 2001, le Parti Radical a fêté le centenaire de sa fondation. Mais depuis bien plus qu'un siècle les radicaux ont donné une expression politique originale aux principes issus de la Révolution Française. Mettant en œuvre une méthode pragmatique, ils ont inspiré les grandes réalisations de la République.

Les valeurs de l'humanisme, l'idéal d'épanouissement individuel et d'autonomie personnelle, le refus de l'intolérance sont constamment au cœur de leurs engagements.

Le développement de l'esprit critique, l'égal accès de chacun au savoir, conditionnent l'adhésion de citoyens responsables au contrat républicain. C'est pourquoi l'école a toujours été et reste le fondement du Projet Radical. L'école doit en effet permettre à chacun de maîtriser les connaissances et les informations indispensables, alors même que la modernité les multiplie, parfois jusqu'à la saturation. Elle doit aussi demeurer le lieu du dépassement des particularismes que prescrit l'impératif républicain de laïcité. Elle doit en fait offrir à chacun les moyens de prendre en main son propre destin. Au respect de l'individu, de sa liberté, de sa dignité, de ses possibilités réelles d'action les Radicaux subordonnent l'organisation et l'exercice du pouvoir.

Attentifs à prévenir toute dérive autoritaire, ils défendent une conception de la démocratie fondée non seulement sur la légitimité du suffrage universel mais aussi sur la vitalité du débat public, gage de transparence. La décentralisation, le contrôle des pouvoirs et notamment des exécutifs et de l'administration par des assemblées élues et donc responsables et, de façon plus générale, le fonctionnement de contre-pouvoirs doivent être renforcés.

Les radicaux ont fondé la patriotisme républicain sur ces valeurs et l'ont marqué par leur attachement aux droits de l'Homme ainsi que par leur recherche de relations internationales pacifiques et pacifiées. Leur engagement européen constant s'inscrit dans cette perspective. A l'heure de la mondialisation, l'Europe est le seul garant de la prospérité économique et de l'indépendance culturelle qui donnent à ce patriotisme sa consistance.

Au seuil du troisième millénaire, le défi c'est de rendre enfin universels, les principes de la République.

Projet 1 : Donner aux jeunes les moyens de leur accomplissement

On parle couramment de la jeunesse : la réalité c'est qu'il y a en France aujourd'hui des jeunesses séparées par les barrières de la culture, de l'argent, des jeunesses parfois confinées dans des territoires sans avenir, encore trop nombreux en France.
La noblesse de l'engagement politique, pour les Radicaux, c'est justement de contribuer à abattre ces barrières et cela d'abord à l'école, notamment pour les jeunes issus de l'immigration.

- Développer une formation en prise sur la vie, en particulier par la poursuite d'une revalorisation de l'apprentissage,
- Faciliter l'entrée de tous les enfants dans la vie active, voilà des formes d'intégration qui restent des objectifs prioritaires.

Nationale par ses contenus fondamentaux et par sa fonction de ciment de l'unité du pays, l'éducation doit être davantage décentralisée dans sa gestion pour être mieux adaptée aux débouchés professionnels et à la spécificité du terrain.

Projet 2 : Favorisons la solidarité entre les générations et les catégories sociales

L'avenir, c'est aussi la France des seniors.

La retraite ne doit pas être une contrainte, mais l'expression d'une liberté de choix qu'il faut garantir
par l'apport de la capitalisation aux systèmes de répartition.

Mais la garantie des retraites n'épuise pas la reconnaissance de la société à l'égard des anciens.
Chaque fois que cela est possible, il faut assurer l'autonomie concrète des personnes les plus âgées, encourager leurs engagements militants et associatifs, valoriser leur expérience en y faisant appel, dans les actions complémentaires de formation des jeunes qui doivent appuyer l'Education Nationale.

Projet 3 : Favorisons un dialogue social fondé sur le contrat et sur le partenariat

L'Etat ne doit plus s'arroger le droit d'imposer aux partenaires sociaux les conditions de la négociation sociale, mais il doit demeurer le garant des négociations, comme de l'acquis des lois sociales, des moyens qui sont affectés à leur mise en œuvre et de leur devenir.
Le temps de la responsabilité est venu pour des acteurs sociaux libérés de la tutelle de l'administration.
A la condition d'incarner une légitimité que seule confère l'élection.

Projet 4 : Modernisons l'Etat et donnons un second souffle à la décentralisation

En France, l'Etat s'étouffe en étouffant la société française. Le résultat c'est qu'il y a trop de fonctionnaires des impôts, et pas assez d'infirmières. Depuis trente ans la réforme de l'Etat est le serpent de mer de la vie politique qu'aucun gouvernement n'ose aborder de front. Et pourtant les marges de manœuvre d'un redéploiement existent : il faut réaffecter aux fonctions essentielles de l'Etat, qu'il assume mal, la police, la justice, l'éducation et la santé, les milliards dépensés dans des fonctions hypertrophiées ou devenues inutiles.

Près de vingt ans après le vote des lois qui l'ont instituée, la décentralisation est un ouvrage à remettre sur le métier, sur la base d'un bilan sans fard de l'expérience acquise. Pour rapprocher davantage le citoyen des centres de décision. Pour donner aux pouvoirs décentralisés les compétences que l'Etat n'est plus à même d'exercer convenablement. Cette clarification des compétences doit s'accompagner d'une clarification des financements et d'une responsabilité mieux individualisée de la conduite de chaque projet.

Projet 5 : Rendons à l'engagement public sa grandeur

La crise du politique n'est que l'envers d'une évidence : la politique est désormais perçue par tous comme l'affaire de tous. A la faveur de la limitation du cumul des mandats, qu'un statut de l'élu rendra effective, par le plafonnement de la durée de ces mandats, par l'accès des femmes en nombre grandissant aux fonctions électives, un appel d'air se crée, qui va généraliser l'engagement public dans des conditions inédites.

L'exercice de la responsabilité politique cessera progressivement d'être une profession, gérée en terme de carrière, pour devenir un mode d'exercice usuel et normal de la citoyenneté. Cette évolution doit être encouragée : elle transforme le simple spectateur en citoyen acteur de son propre destin. Elle conduit aussi à réhabiliter la politique pour en faire un espace d'expression vivant, de médiation efficace et de contrôle citoyen.

Projet 6 : Donnons une nouvelle force aux libertés publiques

A côté des progrès économiques et sociaux apportés au plus grand nombre, la modernité engendre des menaces nouvelles pour les libertés individuelles.

Le pouvoir toujours croissant des grandes entreprises comme des collectivités, à commencer par l'Etat, appuyé sur des moyens d'investigation ou de contrôle sans pareils, crée les conditions d'une dépossession de l'individu, de sa liberté, de son autonomie effective.

Ces conditions sont aggravées par les nouvelles technologies de l'information, par l'universalisation de l'informatique, tandis que le développement scientifique est marqué du sceau de l'ambivalence : l'amélioration des niveaux de vie, l'accroissement des échanges, la diffusion d'un savoir sont contrebalancés par l'encadrement des individus, la mise en fiche potentielle de chacun, la connaissance indiscrète des comportements quotidiens, des moyens de pression qui sont toujours plus étendus, mis à la disposition des organisations.

A cela s'ajoutent les travers particuliers et constants qui caractérisent, aujourd'hui encore, le "mal français" : pouvoir exorbitant de la puissance publique, résistance des administrations, souvent par l'inertie, aux impulsions du pouvoir politique, faiblesse des assemblées parlementaires, carence du système judiciaire.

Face à cette évolution, la mise au point d'une nouvelle charte des libertés s'impose si l'on veut France reste fidèle à sa vocation de patrie exemplaire des Droits de l'Homme.

Projet 7 : Garantissons la sécurité des personnes et des biens

 

L'insécurité permanente, la criminalité multiforme, la délinquance, de plus en plus juvénile, sont les symptômes d'une violence quotidienne et banalisée qu'on ne saurait accepter tel un tribut à la modernité ou une fatalité à laquelle il faudrait s'accoutumer.

 

Car cette violence met en cause l'équilibre social. Elle porte en elle les menaces d'une dérive qui mine les principes républicains. Elle crée des barrières entre les communautés et risque de les isoler en les dressant les unes contre les autres. Elle menace les libertés publiques.

 

La lutte contre la délinquance doit être systématique. La prévention nécessaire doit être organisée par les collectivités locales, avec des choix d'investissements appropriés aux quartiers. Mais il est clair que la prévention ne saurait dispenser d'une action répressive adaptée à la réalité du terrain.

 

Projet 8 : Réconcilions la Justice avec la Société Française

 

Depuis trop longtemps désormais, la justice en France est sujet de polémique. La faiblesse insigne de ses moyens - toujours dénoncée, jamais corrigée- la confusion des rôles et des fonctions, l'état d'esprit des magistrats qui manifestent tour à tour amertume et découragement sincères, désir de reconnaissance, parfois même volonté de revanche, témoignent de la dégradation et de l'isolement de la fonction judiciaire, peut être plus que tout autre soumise au désarroi de la société moderne.
Il convient de redonner à la justice l'appui d'un nouveau consensus républicain fondé sur :

 

- une formation nouvelle, commune à tous les métiers de la justice,
- une revalorisation des carrières ouvertes sur une plus grande mobilité professionnelle,
- un accroissement significatif en moyens humains et matériel,
- un renforcement des garanties d'indépendance du siège,
- une reconnaissance claire des missions du Parquet, conforté dans son rôle d'avocat de la République, en pouvant être saisi par plusieurs de ses instances.
- une justice aidée dans ses moyens, recentrée dans ses missions et ouverte à la Nation sera celle que le pays attend.

Projet 9 : Forgeons une véritable citoyenneté européenne

L'Europe c'est aujourd'hui 370 millions de personnes à travers quinze nations. Et bientôt, avec l'élargissement, 25 voire beaucoup plus.

Au-delà de l'intégration économique et de la création de la monnaie unique, le vrai défi, c'est de forger une véritable communauté de valeurs qui soit le gage d'une identité vécue. Parce que le "vouloir vivre ensemble" ne se décrète pas, les Radicaux sont convaincus que seule une participation plus effective des citoyens à la vie et au développement de l'Union Européenne permettra de donner à cette union sa pleine dimension politique.

L'élargissement de l'Union Européenne rend nécessaire la définition des missions respectives de l'Union et de ses Etats membres. C'est le sens d'une réévaluation du principe de subsidiarité, qui doit définir pour cette question le niveau de compétence adapté. C'est le sens d'une constitution européenne qui doit préciser les attributions effectives de l'union et qui sera le symbole du lien entre les européens.

Les bases d'un modèle social, pour lutter ensemble contre le chômage et l'exclusion, et pour harmoniser les droits économiques et sociaux des citoyens de l'union, le développement des échanges scolaires, universitaires et culturels sont les instruments prioritaires pour forger la conscience d'un destin partagé et d'une culture commune. Dans le même esprit, l'institution d'un service civil européen renforcera le sentiment d'une communauté de destin.

Faire croire que construire l'Europe passe par la disparition de la Nation est une imposture. Les Radicaux l'affirment plus que jamais : être patriote, c'est aussi être européen. Parce que la grandeur de la France dans le monde s'exerce aussi aujourd'hui au travers de son engagement européen. Parce que l'Europe doit donner au principe de la République un nouveau souffle, une nouvelle jeunesse, un plus grand espace.

Projet 10 : Mettons tout en œuvre pour la qualité de la vie

Une génération ne peut assujettir à ses errements les générations futures. Et chacun se rend compte désormais que la croissance démographique, le développement sans limite des forces productives et de la consommation hypothèquent l'avenir de l'humanité. Face à cette évolution, dont la prise de conscience ne cesse de progresser, la réponse est d'abord à l'échelon mondial. A la suite des conférences de Rio et Kyoto, il faut multiplier les initiatives qui vont permettre d'analyser au niveau planétaire les risques encourus (gaz à effets de serre, changements climatiques, question du nucléaire) et d'apporter des réponses concertées et progressivement normatives. Une autorité internationale d'analyse et de contrôle doit être mise en place.

Au niveau européen ensuite, il faut renforcer les moyens de la recherche scientifique pour approfondir nos connaissances sur les liens entre l'environnement et la santé, entre l'alimentation et la santé. Une charte de l'alimentation saine doit être définie par la communauté européenne s'imposant à toutes les industries agroalimentaires.

Au niveau français, il faut à la fois favoriser la démocratisation de l'action quotidienne en faveur de l'amélioration de la qualité de la vie, en particulier en institutionnalisant dans les villes des comités de quartier antipollution. Et parallèlement mettre en place des plans d'intervention qui permettent d'agir vite pour répondre immédiatement et localement aux pollutions majeures, sans attendre les arbitrages et les décisions nationaux. La pollution d'origine automobile enfin doit être considérée comme une catastrophe naturelle latente et faire l'objet d'un traitement particulier et spécifique.