

Radical, e, aux adj. : qui
concerne le fond d'une personne, de quelque chose, qui vise à atteindre quelque
chose dans ses causes profondes (Petit Larousse).
Si le "Radicalisme" peut être défini comme un Libéralisme
républicain, pragmatique, social et laïque, le mot "radical" renvoie
étymologiquement aux racines (lat. radicus).Le
"Radicalisme" est, dès lors, aussi, d'une certaine manière,
l'expression politique de l'Humanisme.
En effet, l'Homme,
Le Radicalisme va ainsi de pair avec le Progressisme social (pour un
meilleur épanouissement de la société), le Réformisme, et n'échappe pas à un
certain volontarisme politique.
Visionnaire par essence, le "Radicalisme"' doit donc aussi
être pris au sens propre : la philosophie politique favorable à des changements
profonds de la société.
Mais tout changement ne se fait pas à partir de rien, et, alors que
tout le monde est à la recherche de racines, le Radicalisme propose une méthode
de pensée : partir des racines et prendre le problème globalement, car rien ne
sert de couper une branche si la terre n'est pas bonne.
Les Radicaux proposent donc des Racines à une République qui bat de
l'aile, ces racines sont
Cocardiers ("Bleu Blanc Rouge" et
Marianne à l'honneur) et bons vivants, il ne faudra donc pas s'étonner que les
radicaux sont attachés à "l'esprit de terroir" et à leurs
traditionnels "banquets républicains".
Résumé Historique
Le radicalisme est un
courant politique particulièrement influent pendant la Troisième République. Plusieurs présidents du
conseil, dont Georges Clemenceau, Edouard
Herriot et Pierre Mendès-France furent membres du parti
radical.
Républicains, très attachés à
la propriété
privée et à la laïcité, c'est un parti intermédiaire entre la gauche et la
droite susceptible de s'allier aux socialistes ou aux conservateurs suivant les
circonstances. Son adhésion au Front
Populaire porta la SFIO
au pouvoir en 1936.
Il existe aujourd'hui en France deux partis radicaux : le parti radical dit « valoisien » , associé à l'UMP
, et le parti radical de gauche (PRG), allié du Parti Socialiste.Le "Parti Républicain
Radical et Radical Socialiste", plus communément appelé "Parti
Radical" est le plus vieux parti politique français. Quelle est donc son
histoire de sa création en 1901 ?
Les radicaux existent en tant
que tels depuis le début du XIXème siècle, avec de
grandes figures politiques comme, par exemple Ledru-Rollin
et Louis
Blanc. Mais on pourrait facilement retrouver des traces de leur existence
aux sources même de
C'est le premier grand parti
politique à l'échelle nationale fondé en France. Jusque là, en effet; il
n'existait que des groupes parlementaires de différentes tendances politiques
et des comités électoraux locaux aux concepts encore plus variées. L'idée de
réunir au niveau national, dans un même parti des élus et des militants de même
tendance, était un concept révolutionnaire.
A sa naissance, le 21 juin
1901, à Paris, le Parti Radical hérite de cette tradition radicale qu’avait porté de grandes figures politiques comme Gambetta ou
Clemenceau. Avant même son apparition en tant que parti politique, le courant
radical avait fourni à
Le Radicalisme
possède une vision spécifique de l’organisation sociale et humaine fondée sur
la primauté de l’individu. Il prend sa source dans l’histoire même de
Lors de la fondation du
nouveau parti, la déclaration de clôture de ce premier congrès, lu par Camille Pelletan,
servit de cheville ouvrière au programme politique revendiqué par les radicaux
durant les premières années du XXème siècle. Cette
déclaration insistait donc sur l'union à gauche, la nationalisation des grands
monopoles, la séparation de l'Eglise et de l'Etat et la création d'un impôt
égalitaire basé sur le revenu.
Ce programme fut partiellement
appliqué durant les années suivantes, profitant d'une alliance à l'Assemblée
Nationale, entre les socialistes (de Jean
Jaurès) et les radicaux (qui mirent Emile
Combes au gouvernement). Cette période fut marquée par la spectaculaire
lutte contre les congrégations religieuses.
En 1907, au congrès de Nancy,
le parti adopte enfin un véritable programme politique (présenté par une
commission dont le rapporteur était Edouard
Herriot), confirmé par le congrès de Pau en 1913, ce programme, avec
quelques dépoussiérages, sera la cheville angulaire du programme politique de
ce vénérable parti durant plus d'un demi siècle.
Il prône une politique laïque
et anticléricale, symbolisée par l’action du Président du Conseil Emile
Combes (1902 – 1905) qui amènera les lois de séparation de l’Eglise et de
l’Etat par le Gouvernement Briand. Il vante la propriété privée. En effet, les
radicaux voient dans l’accession des salariés à la propriété le remède aux
problèmes de la société industrielle.
Durant l’entre deux guerres, les
idées qu'il défend, constituent un ensemble dans lequel se reconnaît une grande
partie des français. Tout d’abord, un attachement profond à la nation et au
régime républicain, identifié au système parlementaire, ensuite une conception
de
Le Parti Radical est surtout
une machine électorale, dominé par les notables et les parlementaires. Ceux-ci,
membres de droit du Comité Exécutif élu chaque année par un congrès, ne se
servent du parti que pour les élections. De fait, les structures restent donc
très lâches.
C'est lors du congrès
fondateur à Paris que le Parti Radical prit la forme qui fut la sienne et qu'il
connut sans grand bouleversement durant toutes les IIIème
et IVème République. Dès les premières heures, les
congressistes décidèrent que le groupement de base serait le comité, sachant
que dix membres adhérents suffisent pour constituer un comité.
Au niveau du canton, les
comités sont alors regroupés, de la même manière au niveau supérieur des
arrondissements puis de
A cette fédération, les
comités adhèrent comme les organes de presse ou toute autre structure qui veut
s'associer au parti. Cette organisation pyramidale est chapeautée par un
"Comité Exécutif" qui a en charge, la direction et l'administration
du parti entre chaque congrès. C'est en fait ce "congrès" qui est
l'instance suprême du parti.
Le "Comité Exécutif"
comprend des membres de droit comme les parlementaires ou les notables locaux,
qui désigne un bureau de trente trois membres qui élit un président qui cumule
à la fois le poste de président du bureau et de président du parti. Dans ses
statuts, le Parti Radical prévoit que son président sera élu pour un an. Le
premier sera Gustave Mesureur.
Jusqu’à l’arrivée de Edouard Herriot, peu ou prou, cette démarche sera
observée.
Son électorat habituel se
trouve dans les milieux petits bourgeois et chez les paysans des pays du sud de
Le Parti Radical voit son
apogée dans "l’entre-deux-guerres".
Il pèse d’un poids considérable sur la vie politique française. Ainsi, sur les
quarante-deux gouvernements qui se sont succédés durant cette période, treize
sont présidés par des Radicaux (quatre gouvernements: Camille
Chautemps, trois gouvernements: Edouard
Daladier, Edouard Herriot, deux gouvernements: Albert
Sarraut et un gouvernement : Théodore
Steeg)
Son action demeure
prépondérante dans le domaine de l’éducation grâce à deux de ses figures de
proues : Edouard Herriot et Jean Zay.
Conséquence directe de cette action, de nombreux intellectuels sont membres du
parti ou sympathisants (Comme par exemple le philosophe Alain).
Sur le plan interne, la vie du
parti est marquée par les oppositions conflictuelles Herriot-Caillaux
puis Herriot-Daladier. De plus, la constitution d’une
"Gauche Radicale" au sein même du parti, mouvement regroupant les
parlementaires qui rejettent la discipline de parti, marque l’ancrage
progressif à gauche de ce parti parlementaire.
Mais ce qui fait la curiosité
de cette période d’entre deux guerre, sur le plan
national c’est le volte-face politique soudain du Parti Radical à la charnière
des années trente. En effet, au début des années vingt, le Parti Radical prône
une politique de gauche qui envisage de chasser la droite du pouvoir, de
rétablir la laïcité de l’Etat, d’étendre les lois scolaires, de pratiquer une
politique internationale de détente et de conciliation pour consolider la paix,
et enfin, de rétablir l’équilibre des finances publiques
Avec le retour de Edouard
Herriot à la tête du parti en 1931, le Parti Radical s’engage sur une voie
nouvelle. Il reste, et le revendique, un parti de gauche, ce qui l’amène tout
naturellement à pratiquer la "discipline républicaine" des
désistements réciproques au profit des socialistes. Mais, au gouvernement, il se
comporte en parti du "juste milieu", capable de regrouper autour de
lui la majorité des français attachée à une République traditionnelle, loin des
extrêmes qu’il soit réactionnaires ou révolutionnaires.
D’un côté, il dirige le
gouvernement du "Cartel des gauches" (1924/26), d’un autre,
après avoir participé à l’élaboration et à la mise en place du "Front
Populaire", c’est lui qui l’enterre en 1938. Mais cette politique
antinomique pousse le Parti Radical, lorsqu’il est au pouvoir, à l’immobilisme
par la contradiction permanente entre sa majorité et sa politique. Lorsqu’il
tente de sortir de cet immobilisme, les gouvernements sont aussitôt renversés.
L’issue de cette paralysie politique est l’émeute du 6 février 1934 qui aboutit
à la même conclusion que la panique financière de 1926 : les radicaux sont
chassés du pouvoir au profit de la droite.
En résumé, les membres du
parti sont tentés par une politique de gauche mais le parti, au gouvernement,
pratique très souvent une politique de droite !
est
une des branches issues du Parti Radical. Son nom fait référence à la rue de Valois, où
se trouve son siège. Une partie des radicaux a fait scission pour rejoindre le
Programme commun et fonder ce qui est aujourd'hui le parti radical de gauche (PRG).
Proche du centre, il se réfère à la droite. Il a été longtemps l'une des composantes de l'UDF avant d'intégrer l'UMP
. Il s'est différencié d'autres composantes de l'UDF comme Démocratie libérale en refusant toute tractation avec le Front National. Le parti radical est également un défenseur fervent de la laïcité.Parmi ses dirigeants, on peut
citer André Rossinot,
co-président du parti et maire de Nancy mais aussi Jean-Louis
Borloo co-président et ministre du gouvernement Villepin. Parmi les poids lourds du parti on compte aussi Laurent
Hénart, le strasbourgeois François
Loos, Jean Leonetti, Dominique Paillé, Michel Thiollière, Michel
Zumkeller.
Le parti Radical compte
actuellement 13 députés (inscrits au groupe UMP), 5 sénateurs (inscrits au
groupe RDSE, regroupant radicaux valoisiens et radicaux de gauche), 1
députée européenne (inscrite au groupe du PPE). On compte également trois
ministres radicaux : François
Loos (Ministre délégué à l'Industrie) ainsi que Jean-Louis
Borloo (Ministre de l'Emploi) et Renaud
Dutreil (Ministre du Commerce, de l'Artisanat et
des Professions Libérales), qui ont récemment rejoint le Parti Radical.
Parmi ses anciens dirigeants: Olivier Stirn,
Jean-Jacques Servan-Schreiber...
Le Parti radical de gauche
(PRG)
est un parti
politique français de gauche, héritier d'un des plus vieux partis
politiques français, le Parti Républicain
Radical et Radical Socialiste créé en 1901.
Pour des raisons judiciaires l'opposant à l'autre
mouvement issu du même parti, le parti radical (dit valoisien), il a dû
changer plusieurs fois de nom, passant de Mouvement des radicaux de gauche
(MRG) en 1973 (année
de la scission du parti radical) à Radical (mouvement des radicaux de gauche
pour
Le MRG est une scission du Parti Radical, car ses
animateurs (Maurice Faure, René Billières, Robert
Fabre) souhaitaient adhérer au Programme commun et soutenaient la
candidature unique de la gauche, celle de François Mitterrand, pour l'élection
présidentielle de 1974.
La montée en puissance du Parti socialiste dans les années
1970 l'a peu à peu marginalisé, au point qu'après la candidature de Michel Crépreau
en 1981, et son résultat décevant de 2,09% des voix, il faudra attendre 2002
pour voir le parti soutenir son propre candidat au premier tour de
L'alternance en 1981, 1988 et 1997 permet au MRG puis
au PRG d'accéder au pouvoir aux côtés des socialistes. Il participe à
l'ensemble des gouvernements de la gauche depuis 1981.
Depuis 1981, l'importance des radicaux de gauche a décliné. Faute de
personnalité connue au-delà du sud-ouest, où il demeure très présent, le PRG
choisit ainsi en 2002 d'être réprésenté par une
personnalité non membre, Christiane Taubira.
Peu connue jusque là, elle obtient le score honorable de 1,9 %. Elle intégrera
le PRG ultérieurement en qualité de vice-présidente.
Le PRG défend notamment l'héritage laïque dans les institutions françaises.
Le PRG comptait en 2005 une dizaine de députés et
deux présidents de conseils généraux. PS et PRG vivent dans une relative
symbiose, les deux organisations ayant même une association de financement
public commune, et évitant généralement d'avoir des concurrents lors du 1er
tour des élections législatives. De 1997 à 2002, il a siégé à l'Assemblée nationale aux côtés des Verts et des
chevènementistes au sein du groupe RCV (Radical, citoyen et vert) ; les
radicaux de gauche, dans l'incapacité de reformer un groupe autonome après
2002, siègent aujourd'hui comme apparentés dans le groupe socialiste. Ils
poursuivent en revanche l'expérience originale de leur groupe commun
"Rassemblement démocratique et social européen" (RDSE) avec le Parti radical "valoisien" au
Sénat.
Le président du PRG est Jean-Michel Baylet.
Anciens présidents : Robert Fabre
(1972-1978), Michel
Crépeau (1978-1981), Roger-Gérard Schwartzenberg
(1981-1983), Jean-Michel Baylet (1983-1985 puis 1996- ), François Doubin (1985-1988), Yvon Collin (1988-1989),
Émile Zuccarelli (1989-1992),
Jean-François Hory
(1992-1996).
Il existe toutefois des clivages à l'intérieur de la mouvance républicaine :
" les institutions : parlementarisme des républicains de gauche versus
démocratie directe des républicains gaullistes (exemple : élection du président
de la République au suffrage universel direct)
" la construction européenne : souverainisme (l'État-Nation
cadre indépassable de la République) versus supranationalisme européen (projet
de construction d'une République européenne)
Le mot "république" possède deux définitions :
" la république au sens des institutions républicaines : république versus
monarchie.
Selon cette définition, l'ensemble des partis politiques français aujourd'hui
représentés au Parlement sont républicains. L'article
89 de la Constitution française indique d'ailleurs que "la forme
républicaine du gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision".
" la République au sens des valeurs républicaines
(ou républicanisme) : la République indivisible, laïque, démocratique et
sociale.
Ces valeurs, réaffirmées dans l'actuelle Constitution française, sont héritées
des républicains jacobins de 1792-1793. Historiquement, les partisans de l'abolition
de la royauté étaient en effet divisés entre républicains libéraux partisans
d'un État fédéral ("girondins") et républicains sociaux partisans
d'un État unitaire ("montagnards" puis "jacobins"). Ce sont
finalement ces derniers qui ont imprégné la tradition républicaine française.
Selon cette définition, les libéraux ne sont donc pas républicains (au moins
sur la question sociale). Cela dit, des libéraux ont participé à certaines
conquêtes républicaines (par exemple Jules Ferry avec l'école publique gratuite,
laïque et obligatoire).
"Oui, je dis qu'il faut faire du nouveau" (Léon Gambetta,
discours contre le plébiscite, 3 avril 1870" 
En 2001, le Parti Radical a fêté le centenaire de sa fondation. Mais depuis
bien plus qu'un siècle les radicaux ont donné une expression politique
originale aux principes issus de
Les valeurs de l'humanisme, l'idéal d'épanouissement individuel et
d'autonomie personnelle, le refus de l'intolérance sont
constamment au cœur de leurs engagements.
Le développement de l'esprit critique, l'égal accès de chacun au savoir,
conditionnent l'adhésion de citoyens responsables au contrat républicain. C'est
pourquoi l'école a toujours été et reste le fondement du Projet Radical.
L'école doit en effet permettre à chacun de maîtriser les connaissances et les
informations indispensables, alors même que la modernité les multiplie, parfois
jusqu'à
Attentifs à prévenir toute dérive autoritaire, ils défendent une conception
de la démocratie fondée non seulement sur la légitimité du suffrage universel
mais aussi sur la vitalité du débat public, gage de transparence. La
décentralisation, le contrôle des pouvoirs et notamment des exécutifs et de
l'administration par des assemblées élues et donc responsables et, de façon
plus générale, le fonctionnement de contre-pouvoirs doivent être renforcés.
Les radicaux ont fondé la patriotisme républicain
sur ces valeurs et l'ont marqué par leur attachement aux droits de l'Homme
ainsi que par leur recherche de relations internationales pacifiques et
pacifiées. Leur engagement européen constant s'inscrit dans cette perspective.
A l'heure de la mondialisation, l'Europe est le seul garant de la prospérité
économique et de l'indépendance culturelle qui donnent
à ce patriotisme sa consistance.
Au seuil du troisième millénaire, le défi c'est de rendre enfin universels,
les principes de
On parle couramment de la jeunesse : la réalité c'est qu'il y a en France
aujourd'hui des jeunesses séparées par les barrières de la culture, de
l'argent, des jeunesses parfois confinées dans des territoires sans avenir,
encore trop nombreux en France.
La noblesse de l'engagement politique, pour les Radicaux, c'est justement de
contribuer à abattre ces barrières et cela d'abord à l'école, notamment pour
les jeunes issus de l'immigration.
- Développer une formation en prise sur la vie, en particulier par la
poursuite d'une revalorisation de l'apprentissage,
- Faciliter l'entrée de tous les enfants dans la vie active, voilà des formes
d'intégration qui restent des objectifs prioritaires.
Nationale par ses contenus fondamentaux et par sa fonction de ciment de
l'unité du pays, l'éducation doit être davantage décentralisée dans sa gestion
pour être mieux adaptée aux débouchés professionnels et à la spécificité du
terrain.
L'avenir, c'est aussi
La retraite ne doit pas être une contrainte, mais l'expression d'une liberté
de choix qu'il faut garantir
par l'apport de la capitalisation aux systèmes de répartition.
Mais la garantie des retraites n'épuise pas la reconnaissance de la société
à l'égard des anciens.
Chaque fois que cela est possible, il faut assurer l'autonomie concrète des
personnes les plus âgées, encourager leurs engagements militants et
associatifs, valoriser leur expérience en y faisant appel, dans les actions
complémentaires de formation des jeunes qui doivent appuyer l'Education
Nationale.
L'Etat ne doit plus s'arroger le droit d'imposer aux partenaires sociaux les
conditions de la négociation sociale, mais il doit demeurer le garant des
négociations, comme de l'acquis des lois sociales, des moyens qui sont affectés
à leur mise en œuvre et de leur devenir.
Le temps de la responsabilité est venu pour des acteurs sociaux libérés de la
tutelle de l'administration.
A la condition d'incarner une légitimité que seule confère l'élection.
En France, l'Etat s'étouffe en étouffant la société française. Le résultat c'est
qu'il y a trop de fonctionnaires des impôts, et pas assez d'infirmières. Depuis
trente ans la réforme de l'Etat est le serpent de mer de la vie politique
qu'aucun gouvernement n'ose aborder de front. Et pourtant les marges de
manœuvre d'un redéploiement existent : il faut réaffecter aux fonctions
essentielles de l'Etat, qu'il assume mal, la police, la justice, l'éducation et
la santé, les milliards dépensés dans des fonctions hypertrophiées ou devenues
inutiles.
Près de vingt ans après le vote des lois qui l'ont instituée, la
décentralisation est un ouvrage à remettre sur le métier, sur la base d'un
bilan sans fard de l'expérience acquise. Pour rapprocher davantage le citoyen
des centres de décision. Pour donner aux pouvoirs décentralisés les compétences
que l'Etat n'est plus à même d'exercer convenablement. Cette clarification des
compétences doit s'accompagner d'une clarification des financements et d'une
responsabilité mieux individualisée de la conduite de chaque projet.
La crise du politique n'est que l'envers d'une évidence : la politique est
désormais perçue par tous comme l'affaire de tous. A la faveur de la limitation
du cumul des mandats, qu'un statut de l'élu rendra effective, par le plafonnement
de la durée de ces mandats, par l'accès des femmes en nombre grandissant aux
fonctions électives, un appel d'air se crée, qui va généraliser l'engagement
public dans des conditions inédites.
L'exercice de la responsabilité politique cessera progressivement d'être une
profession, gérée en terme de carrière, pour devenir un mode d'exercice usuel
et normal de
A côté des progrès économiques et sociaux apportés au plus grand nombre, la
modernité engendre des menaces nouvelles pour les libertés individuelles.
Le pouvoir toujours croissant des grandes entreprises comme des
collectivités, à commencer par l'Etat, appuyé sur des moyens d'investigation ou
de contrôle sans pareils, crée les conditions d'une dépossession de l'individu,
de sa liberté, de son autonomie effective.
Ces conditions sont aggravées par les nouvelles technologies de
l'information, par l'universalisation de l'informatique, tandis que le
développement scientifique est marqué du sceau de l'ambivalence :
l'amélioration des niveaux de vie, l'accroissement des échanges, la diffusion
d'un savoir sont contrebalancés par l'encadrement des individus, la mise en
fiche potentielle de chacun, la connaissance indiscrète des comportements
quotidiens, des moyens de pression qui sont toujours plus étendus, mis à la
disposition des organisations.
A cela s'ajoutent les travers particuliers et constants qui caractérisent,
aujourd'hui encore, le "mal français" : pouvoir exorbitant de la
puissance publique, résistance des administrations, souvent par l'inertie, aux
impulsions du pouvoir politique, faiblesse des assemblées parlementaires,
carence du système judiciaire.
Face à cette évolution, la mise au point d'une nouvelle charte des libertés
s'impose si l'on veut France reste fidèle à sa vocation de patrie exemplaire
des Droits de l'Homme.
Projet 7 : Garantissons la sécurité des personnes et
des biens
L'insécurité permanente, la criminalité multiforme, la
délinquance, de plus en plus juvénile, sont les symptômes d'une violence
quotidienne et banalisée qu'on ne saurait accepter tel un tribut à la modernité
ou une fatalité à laquelle il faudrait s'accoutumer.
Car cette violence met en cause l'équilibre social. Elle
porte en elle les menaces d'une dérive qui mine les principes républicains.
Elle crée des barrières entre les communautés et risque de les isoler en les
dressant les unes contre les autres. Elle menace les libertés publiques.
La lutte contre la délinquance doit être systématique. La
prévention nécessaire doit être organisée par les collectivités locales, avec
des choix d'investissements appropriés aux quartiers. Mais il est clair que la
prévention ne saurait dispenser d'une action répressive adaptée à la réalité du
terrain.
Projet 8 : Réconcilions
Depuis trop longtemps désormais, la justice en France est
sujet de polémique. La faiblesse insigne de ses moyens - toujours dénoncée,
jamais corrigée- la confusion des rôles et des fonctions, l'état d'esprit des
magistrats qui manifestent tour à tour amertume et découragement sincères,
désir de reconnaissance, parfois même volonté de revanche, témoignent de la
dégradation et de l'isolement de la fonction judiciaire, peut être plus que
tout autre soumise au désarroi de la société moderne.
Il convient de redonner à la justice l'appui d'un nouveau consensus républicain
fondé sur :
- une formation nouvelle, commune à tous les métiers de la
justice,
- une revalorisation des carrières ouvertes sur une plus grande mobilité
professionnelle,
- un accroissement significatif en moyens humains et matériel,
- un renforcement des garanties d'indépendance du siège,
- une reconnaissance claire des missions du Parquet, conforté dans son rôle
d'avocat de
- une justice aidée dans ses moyens, recentrée dans ses missions et ouverte à
L'Europe c'est aujourd'hui 370 millions de personnes à travers quinze
nations. Et bientôt, avec l'élargissement, 25 voire beaucoup plus.
Au-delà de l'intégration économique et de la création de la monnaie unique,
le vrai défi, c'est de forger une véritable communauté de valeurs qui soit le
gage d'une identité vécue. Parce que le "vouloir vivre ensemble" ne
se décrète pas, les Radicaux sont convaincus que seule une participation plus
effective des citoyens à la vie et au développement de l'Union Européenne permettra
de donner à cette union sa pleine dimension politique.
L'élargissement de l'Union Européenne rend nécessaire la définition des
missions respectives de l'Union et de ses Etats membres. C'est le sens d'une
réévaluation du principe de subsidiarité, qui doit définir pour cette question
le niveau de compétence adapté. C'est le sens d'une constitution européenne qui
doit préciser les attributions effectives de l'union et qui sera le symbole du
lien entre les européens.
Les bases d'un modèle social, pour lutter ensemble contre le chômage et
l'exclusion, et pour harmoniser les droits économiques et sociaux des citoyens
de l'union, le développement des échanges scolaires, universitaires et
culturels sont les instruments prioritaires pour forger la conscience d'un
destin partagé et d'une culture commune. Dans le même esprit, l'institution
d'un service civil européen renforcera le sentiment d'une communauté de destin.
Faire croire que construire l'Europe passe par la disparition de
Une génération ne peut assujettir à ses errements les générations futures.
Et chacun se rend compte désormais que la croissance démographique, le
développement sans limite des forces productives et de la consommation
hypothèquent l'avenir de l'humanité. Face à cette évolution, dont la prise de
conscience ne cesse de progresser, la réponse est d'abord à l'échelon mondial.
A la suite des conférences de Rio et Kyoto, il faut multiplier les initiatives
qui vont permettre d'analyser au niveau planétaire les risques encourus (gaz à
effets de serre, changements climatiques, question du nucléaire) et d'apporter
des réponses concertées et progressivement normatives. Une autorité
internationale d'analyse et de contrôle doit être mise en place.
Au niveau européen ensuite, il faut renforcer les moyens de la recherche
scientifique pour approfondir nos connaissances sur les liens entre l'environnement
et la santé, entre l'alimentation et
Au niveau français, il faut à la fois favoriser la démocratisation de
l'action quotidienne en faveur de l'amélioration de la qualité de la vie, en
particulier en institutionnalisant dans les villes des comités de quartier
antipollution. Et parallèlement mettre en place des plans d'intervention qui permettent d'agir vite pour répondre immédiatement et
localement aux pollutions majeures, sans attendre les arbitrages et les
décisions nationaux. La pollution d'origine automobile enfin doit être
considérée comme une catastrophe naturelle latente et faire l'objet d'un traitement
particulier et spécifique.
![]()